Robert A. McCabe


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Grèce: les années d'innocence

 

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Préface 

Grèce : les années d’innocence  

Àpeine avais-je découvert les photographies de Robert McCabe que j’ai eu l’impression de partir  pour un voyage nostalgique et émouvant. J’ai aussitôt compris queMcCabe était l’un de ces étrangers  qui depuis desmillénaires tombent amoureux de la Grèce, au point parfois de la voir, de la comprendre  mieux que lesGrecs eux-mêmes, habitués à leur pays et n’ayant plus dans le regard qu’ils posent sur lui  cette fraîcheur des nouveaux venus.McCabe choisit de photographier en noir et blanc. Il a raison : il  est quasiment impossible de rendre les couleurs de la Grèce, le blanc, le bleu, l’or. Le noir et blanc les  suggère tous et permet de les imaginer dans toute leur intensité.

McCabe ne va pas chercher dans des recoins inconnus des sujets inhabituels, des angles inédits. Il  n’y a pas d’artifice, ni d’apprêts. Il regarde ce qu’il aime, même dans les lieux les plus connus. Et il le  restitue avec sobriété, simplicité, presque sans s’en rendre compte. Il atteint ainsi le grand art.

Sa photographie se développe autour de plusieurs thèmes : l’histoire, les hommes, la mer, les îles,  l’orthodoxie. Ces éléments se fondent pour former une Grèce une et indivisible. Certains territoires  comme la Grèce continentale manquent au tableau ; mais le fait que la représentation donnée par  McCabe ne soit pas complète ajoute aux charmes de sa vision du pays. Il laisse le lecteur sur sa faim,  comme toujours d’ailleurs laGrèce laisse sur leur faimceux qui lui rendent visite et en exportent l’image,  tissant sans cesse leur désir d’en savoir plus. La Grèce des photographies deMcCabe est la Grèce des  années cinquante et soixante.Depuis, les constructions, les autoroutes, le tourisme demasse l’ont peu  à peu transformée et certains ajouteraient : pas du tout à son avantage.

Or j’affirme que laGrèce amoureusement peinte parMcCabe existe toujours. Tout d’abord physiquement,  même si celle-ci est plus difficile à dénicher.Mais surtout, elle reste inchangée dans son essence  même. Robert McCabe a vu une Grèce éminemment humaine, or elle a toujours été humaine et  unique. Et quelles que soient les transformations subies, elle le sera toujours.  

 Prince Michel de Grèce  

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© 2009  Robert A. McCabe 
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